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L’Article 51 Vigie-Âge réduit jusqu’à 88 % les hospitalisations évitables et génère 6270 € d’économies par patient grâce à une télésurveillance gériatrique coordonnée ville-hôpital

Journées annuelles de la SFGG (JASFGG 2025), Paris – Novembre 2025

Elise Cabanes, Mariana Fernandes, Damien Testa, Mireille Dutech, Christine Chansiaux-Bucalo

Résumé

Depuis février 2022, Vigie-Âge déploie une télésurveillance gériatrique à domicile (GAD et AMAD) pour simplifier la prise en charge des personnes âgées polypathologiques et améliorer la coordination entre l’hôpital, la ville et le médico-social. Sur 2050 séjours (87,9 ans en moyenne, ≥5 maladies chroniques, 58 % vivent seuls, 49 % avec troubles cognitifs), les suivis AMAD réduisent significativement les hospitalisations complètes MCO de 81 % à 45,4 % pendant le programme et de 72,5 % à 37,7 % après, avec un impact positif sur la qualité de vie (note moyenne 9,2/10). La GAD évite 88 % d’hospitalisations pour les patients adressés des urgences ou de la ville. Économiquement, l’AMAD réduit de 23,8 % les dépenses de santé pendant et de 18 % avant/après, soit 6270 € d’économies par patient après transfert de charge ville/hôpital. Le dispositif démontre qu’une gériatrie de médecine primaire à distance est possible, efficace et soutenable.

Synthèse de l’étude

Ce poster de la 45ᵉ JASFGG fait le point sur l’expérimentation Article 51 Vigie-Âge entre février 2022 et février 2025, fondée sur la télésurveillance gériatrique à domicile via EPOCA. Le dispositif combine GAD (gériatrie aiguë à domicile) pour les épisodes aigus et AMAD (accompagnement médicalisé à domicile) pour le suivi au long cours des seniors polypathologiques (AMAD1 pour GIR 4–6, AMAD2 pour GIR 1–3).

Sur 2 750 séjours, dont 87 % en Île-de-France et 13 % en Centre-Val-de-Loire, les patients présentent un profil très complexe : âge moyen 87,9 ans, 49 % de troubles cognitifs, plus de 5 maladies chroniques, 58 % vivant seuls, 47 % isolés socialement et 2,6 hospitalisations dans les 6 mois précédant l’inclusion. La durée moyenne de séjour est de 19,3 jours en GAD, 6,6 mois en AMAD1 et 5,4 mois en AMAD2.

Les résultats montrent :

  • une baisse spectaculaire des hospitalisations complètes MCO : 81 % vs 45,4 % (avant vs pendant AMAD) et 72,5 % vs 37,7 % (avant vs après AMAD, p<0,0001),
  • 88 % d’hospitalisations évitées pour les patients adressés des urgences et de la ville via GAD,
  • un taux de réhospitalisation à 30 jours de 15 % seulement pour les patients issus de MCO à haut risque,
  • une note moyenne de 9,2/10 sur l’impact de Vigie-Âge sur la qualité de vie patients/aidants.

Sur le plan médico-économique, la prise en charge AMAD engendre une diminution des coûts hospitaliers de 8 971 € par patient, une augmentation contrôlée des dépenses de ville de 2 702 € et, au final, une économie nette de 6 270 € par patient, sans perte de chance et en respectant les souhaits de maintien à domicile.

La communication discute enfin de la phase SAS : poursuite des inclusions, scénarios de portage (CRT, CPTS, hôpitaux), connexion des SI ville–hôpital, redimensionnement des parcours et révision des critères de sortie, en vue du passage dans le droit commun en 2026.